Dégradation du corps après la mort , au niveau macroscopique et microscopique.

I : Les facteurs de dégradation

 

Les corps se dégradent différemment, selon plusieurs facteurs comme la corpulence, le milieu dans lequel ils reposent, la température à laquelle ils sont morts…

 

En effet, plus le défunt est corpulent, plus la dégradation s’opère rapidement.

 

De plus, un corps laissé à la chaleur va se dégrader plus rapidement qu’un corps dans un milieu froid, car la fraicheur conserve. Par exemple, un cadavre laissé à température ambiante dans le sud de la France pendant l’été se retrouvera à l’état de squelette en l’espace d’un ou deux mois tandis qu’un corps conservé dans l’eau va se dégrader beaucoup moins vite. Cependant, si on le sort de l’eau, il va « rattraper son retard » et retrouver l’état d’un corps abandonné à l’air libre.

 

Un corps inhumé conserve plus longtemps qu’un corps laissé à l’air libre. Il se dégrade alors selon l’acidité ou la basicité du sol : s'il est dans un milieu acide ou basique, le corps se dégradera plus vite que dans un sol neutre.

Certains corps peuvent se « momifier » spontanément, en étant déshydratés par des mécanismes naturels. Par exemple, lorsqu’un corps est enterré dans le sable, cet élément, va « emprisonner » l’eau et le déshydrater entièrement, rendant la putréfaction quasiment impossible.

 

Enfin, la cause de la mort est un facteur de dégradation : si l’individu est mort d’un cancer, son corps se dégradera plus vite que celui d’un individu décédé subitement. En effet, lors d’un cancer, surtout si celui-ci s’est généralisé, les bactéries sont très présentes, et beaucoup plus nombreuses que dans le corps d’une personne en bonne santé. Les bactéries attaqueront le corps dès le décès ; le travail de la dégradation se fera donc plus vite.

 

Après la mort d'un individu, certaines des dégradations s’opérant sur son corps sont visibles à l'œil nu: il s'agit de phénomènes macroscopiques; d'autres sont invisibles à l'échelle humaine car elles s'opèrent au niveau cellulaire: la dégradation est donc microscopique. Ces 2 échelles de dégradation sont liées.

 

 

 

II : Dégradation au niveau macroscopique.

 

 

Lorsqu’un corps se décompose, il se déshydrate, se ramollit, et pourrit au bout d’environ 15 jours. Les tissus se ramollissent, se liquéfient.

Dans les heures qui suivent la mort s’opèrent des phénomènes récurent, et que l’on peut plus ou moins dater. En effet, la température de son corps chute, des lividités apparaissent, une rigidité se met en place…

 

 

 Variations de Température après la mort

 

 

 

 

 

 

Variations des lividités après la mort

 

 

 

La lividité cadavérique est une accumulation de sang, qui donne à la peau une coloration bleue et rouge. Les lividités sont fixées au bout de 24 heures et ne disparaissent qu'au moment de la putréfaction.

 

 

Variations de la rigidité après la mort

 

 

 

La rigidité cadavérique se caractérise par une contraction de l’ensemble des muscles du corps.

 

Autres variations après la mort

 

 

 

 

 

III : Dégradation au niveau microscopique :

 

 

La dégradation du corps se fait au niveau tissulaire. On appelle « Tissus » l'ensemble formé par la cellule et la Matrice extracellulaire, c'est-à-dire ce qui entoure la cellule.

 

Les phénomènes agissant sur le corps d’un individu après sa mort au niveau macroscopique sont dus à des phénomènes s’opérant au niveau microscopique.

● Rigidité :

La rigidité est due à la liaison de 2  protéines : l’actine et la myosine, qui devient irréversible. Cette coagulation entraine une contraction musculaire du corps : c’est la rigidité cadavérique.

 

● Lividité:

Après la mort s’opère un reflux du sang par gravité ; se forment alors des plaques de sang dans la région déclive, la plus basse du corps. Cela est du à la dégradation des globules rouges, puis de l’hémoglobine : il y a éclatement des globules rouges qui vont se diffuser dans les régions déclives. 

 

Une tâche verte abdominale apparaît dès le 2ème  jour dans la région iliaque droite au niveau du  Caecum, partie initiale du  colon. Le début de la tâche verte est du à la pullulation des microbes du Caecum.

 

 

Deux phénomènes cellulaires s'opèrent après la mort : l’autolyse et la putréfaction.

L’Autolyse est une propre destruction des cellules. Ce phénomène est immédiat, il commence juste après la mort, car les cellules sont privées des apports nutritifs (sucres, dioxygène …). Les cellules vont s’autolyser,  se détruire. Les enzymes qui se trouvent dans les lysosomes, compartiments cellulaires qui ont pour fonction d’être des sortes de « poubelles » de la cellule,  sont libérés de ces organites et les cellules subissent l’autodigestion.

La semi-perméabilité de la membrane se trouble alors, et l'eau peut entrer dans les cellules. Différents éléments, comme le potassium et le sodium, peuvent aussi sortir des cellules. Les cellules souffrent, grossissent, gonflent.

Au microscope, la membrane devient floue, puis disparait. Il en est de même pour le noyau qui va se fondre au reste. Tout va donc disparaître progressivement et la colorabilité est modifiée. Il va rester la matrice de la cellule, c'est-à-dire les fibres qui vont être également modifiées au bout d'un certain temps. Il y a des cellules qui restent plus longtemps intactes que d'autres. En effet, la peau est très résistante alors que le pancréas s'autolyse très rapidement.

 

La putréfaction s’opère ensuite, avec l’intervention des germes. 

L'intestin contient des bactéries, non pathogènes, qui normalement ne passent pas à travers la paroi. Mais lors de la dégradation des cellules de la muqueuse (couche qui recouvre les intestins) par autolyse, les microbes, champignons peuvent passer et entrer dans les vaisseaux. Ils vont alors être acheminés dans tout le corps par la circulation post mortem: le système artériel va se vider par gravité.

Les enzymes des microbes agissent directement sur les tissus et l'organisme ne peut plus se défendre. L’action des enzymes entraine alors la liquéfaction des cellules et l'apparition de bulles de putréfaction. 

Les germes aérobiques en proliférant libèrent des gaz, ce qui entraine les odeurs liées à la putréfaction ( des gaz comme le méthane et le dioxyde de carbone sont libérés. )

La putréfaction aboutit à termes à la lyse des cellules.

Le mécanisme de putréfaction est une gêne dans l'interprétation des médecines légales.

 

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